Simon Goulart: Une Perspective Protestante sur les Guerres de Religion

Mémoires de la Ligue 

Par Simon Goulart

Preface, page ij

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Une perspective protestante de la violence catholique pendant les guerres de religion.

François Dubois, Massacre de la Saint-Barthélemy, 1572


Extrait 2017

English Version

Introduction

Ce passage vient de la préface du sixième tome de l’œuvre Les mémoires de la Ligue par l’éditeur Simon Goulart (1543-1626). Goulart était un écrivain célèbre pendant les guerres de religion en France. Goulart a commencé une carrière de droit, mais a changé ses études à la foi réformée. Un protestant, il était aussi un personnage essentiel de l’Eglise genevoise. Notamment, il a prêché contre Gabrielle d’Estrées, une maitresse, confidente, et conseillère d’Henri IV (elle était catholique, et elle a persuadé le roi de se convertir au catholicisme). Cependant, son role le plus important était comme éditeur. Son histoire est compliqué ; comme Sarah R. Barker constate, « Goulart nonetheless often trod a very fine line between propagating and polluting his faith, at least in the eyes of some of his critics ». Les faits les plus importants à propos de Goulart dans ce contexte sont son protestantisme et sa carrière comme écrivain et éditeur, et, par conséquent, comme un commentateur important pendant les guerres de religion. Les mémoires de la Ligue était le dernier grand œuvre de Goulart avant sa mort en 1626. Il a choisi les documents et les « témoins » de son époque pour créer un œuvre qui ne se concentre pas seulement sur les Protestants, mais aussi sur les Catholiques modernes et les étrangers. Ecrit par un Protestant important de Genève, ce passage parle spécifiquement de la malfaisance des Catholiques en France.

Transcription

Le grand Juge du monde voulant faire grâce à la France, & la relever de l’étrange maladie qui l’avoit du tout atterrée, a bien sù trouver le moïen de renverser, dedans peu de jours, tous les cauteleux efforts de l’ennemi du genre humain. L’ambition, qui ne se plaît qu’à bâtir sur les ruines d’autrui, qui ne se paît que des larmes des affligés, qui ne se peint qu’au sang des innocens, qui ne songe que forteresses, villes, & couronnes nouvelles, qui ne fàit commander ni obéir, a fait de l’enragée tout son saoul, depuis dix ans, contre soi- même, contre ses esclaves ; & Dieu s’est: vengé de les ennemis par ses ennemis. Qu’a gagné l’ambition ? Finalement elle a rendu gorge.

Analyse

La période des guerres de religion en France a été vraiment compliquée en ce qui concernaient les identités des combattants. Ce n’était pas seulement les Huguenots contre les Catholiques ; l’acte de Chastel montre que il y avait une myriade de factions différentes ; il y avait aussi les Catholiques contre les Jésuites, les Jésuites contre tout le monde, etc. Ceci dit, deux aspects qui étaient tellement simples à comprendre pendant cette époque étaient les émotions des combattants, notamment la haine contre les ennemis ; et la conviction de chaque côté que Dieu les a soutenus. Le passage présenté démontre les sentiments des Protestants contre les Catholiques, les ennemis des protestants. Nous commençons avec la phrase qui commence « Le grand Juge », une référence évidente à Dieu avec le « J » majuscule. Au début, Goulart décrit Dieu comme neutre, qui s’intéresse seulement à utiliser sa grâce pour la protection de la France ; mais Dieu est surement du côté des Huguenots, et Il souhaite « relever [la France] de l’étrange maladie qui l’avoit du tout atterrée ». Les Protestants veulent trouver une façon de vaincre les Catholiques rapidement, et il partage ses désirs avec Dieu.

On continue avec une phrase éternelle. Elle décrit l’ambition des Catholiques et les maux de cette ambition, comme le fait que l’ambition « ne se pait que des larmes des affligées, qui ne se peint qu’au sang des innocents. » Le seul réussite de cette ambition est l’acte « de l’enragée tout son saoul ». Dans cette section, Goulart implique que les Catholiques, par leur ambition honteuse, ont détruit la France et ont enragé le peuple. L’ambition (et par conséquent les Catholiques) reçut ce qu’elle mérite par la vengeance de Dieu, comme Goulart explique à la fin du passage. Goulart conclut aussi en posant une bonne question pour les Catholiques : « Qu’a gagné l’ambition ? finalement elle a rendu gorge ». Ce passage est seulement un des plusieurs exemples des passions extrêmes concernant la religion pendant ce temps, particulièrement à l’égard de la haine entre les groupes religieux.

English version

Introduction

This passage comes from the preface of the sixth volume of Les memoires de la ligne by the famous French editor Simon Goulart (1543-1626). Goulart was a famous writer during the Wars of Religion in France. He began by studying law, but soon switched to studying the reformed faith. A Protestant, he was also an essential figure to the Genevan Church. Notably, he began preaching out against Gabrielle d’Estrées who was a mistress, confidante, and advisor of Henry IV (Gabrielle d’Estrées was Catholic and persuaded Henri IV against Protestantism and towards Catholicism). His most important role, however, was as an editor. His story is complicated; like Sarah R. Barker states, “Goulart…often trod a very fine line between propagating and polluting his faith, at least in the eyes of some of his critics.” The most important things to note in this context are his Protestant faith and his career as a writer and an editor, and, by consequence, an important commentator on the tumultuous times of the Wars of Religion. Les Memoires de la Ligue was Goulart’s last major work before his death in 1626. He chose the documents and testimonies of his period to create a work that concentrated not only on Protestants, but also on modern Catholics and foreigners. This passage speaks specifically on the maleficence of the Catholics in France.

Translation

The great Judge of the world wants to give grace to France, & lift her from the strange illness that has dismayed them all, and quickly find a way to reverse all the caustic efforts of the enemies of the human race. Ambition, that is not pleased until it is built upon the ruins of his enemies, who only nourishes itself with the tears of the afflicted and who only paints with the blood of innocents, who dreams only of fortresses, cities, & new crowns, who doesn’t know how to command or obey, enraged her as much as possible for ten years, against herself, against her slaves, & God avenged himself of his enemies by his enemies. What becomes of ambition? Finally she restored what was taken.

Analysis

The French Wars of Religion were very complicated in terms of who was fighting whom. It was not simply the French Protestants (Huguenots) against the Catholics. Chastel’s assassination attempt shows that it was there were a myriad of different fighting factions; there were the Catholics versus the Jesuits, the Jesuits against everyone, etc. However, two very important aspects that were simple about the Wars of Religion were: the passions of those fighting, notably in terms of the hatred felt against their enemies; and the conviction of each faction that God was on their side. In light of Goulart and his convictions, the passage demonstrates the feelings that protestants had towards Catholics, their natural enemies. We will begin with the sentence that starts with “Le grand Juge” (“The great Judge,”) an obvious reference to God (as evidenced by the capital “J”). At the start, Goulart describes God as being neutral, interested only in using his grace for the protection of France; but God is certainly on the side of the Huguenots, and desires to “lift [France] from the strange illness that has dismayed them all, and quickly find a way to reverse all the cantankerous efforts of the enemies of the human race.” The Protestants want to find a way to vanquish the Catholics quickly, and those desires are shared by God.

We then move on with a seemingly never-ending phrase. It describes the ambition of the Catholics and its evil, like the fact that it “only nourishes itself with the tears of the afflicted and who only paints with the blood of innocents.” The only success of this ambition is that it “enraged [France] as much as possible for ten years.” In this section, Goulart implies that the Catholics, through their sinful ambition, destroyed France and enraged her people. Ambition (and therefore French Catholics) gets what it deserves through God’s vengeance, as Goulart explains at the end of this extract. He also concludes with a poignant question for Catholics: “What becomes of ambition? Finally she restored what was taken.” This passage is merely one example of many of the extreme passions concerning the Wars of Religion during this period, particularly regarding the hatred between the different religious groups.

Bibliographie

Barker, Sarah K. “Simon Goulart : Un pasteur aux intérêts vastes comme le monde. Olivier           Pot, ed. Travaux d’Humanisme et Renaissance 514. Geneva : Librairie Droz, 2013. 584         pp. $96,” review of Simon Goulart: Un pasteur aux intérêts vastes comme le monde by         Olivier Pot. Renaissance Quarterly, Volume LXIX, No. 2, (2013) : pp. 758-760. Accédé            24 avril 2017. http://www.journals.uchicago.edu/doi/10.1086/687697

Jackson, Samuel Macauley. New Schaff–Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge                   (third ed.). London and New York: Funk and Wagnalls, 1914.

Léchot, Pierre-Olivier. “Simon Goulart. Un pasteur aux intérêts vastes comme le                        monde.” Church History & Religious Culture 94, no. 3 (September 2014): 370-                          373. Accédé 24 avril 2017. http://eds.b.ebscohost.com/eds/pdfviewer/pdfviewer?                  vid=1&sid=ab2dc00f-e91e-4fba-9168-ac184978a5da%40sessionmgr102

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