De Thou, Histoire Universelle, Réactions après l’attentat

 

Extrait de Histoire universelle, par Jacques-Auguste de Thou

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English version

Introduction

Jacques-Auguste de Thou était un membre du Parlement de Paris, et un historien. Il était très proche avec Henry III et Henry de Navarre. Dans la plupart de ses textes, il s’agit de la première guerre de religion et il reste surtout très impartial. Nicholas Rigault, un savant français, a contribué au texte de Thou. L’extrait que nous avons choisi est à propos de la réception à Paris de la nouvelle de l’attaque par Jean Châtel. En plus, le texte explique comment le parlement a réagi après l’attaque sur le roi, et leurs discussions à propos de la punition de Jean Chastel. De Thou discute aussi les relations entre les Jésuites et Châtel.

Nous avons rencontré quelques difficultés en lisant l’extrait à cause des références historiques dont de Thou discute.  Un Te Deum était une chanson religieuse chantée par les personnes qui veulent remercier Dieu. Dans le texte, un Te Deum a été chanté par les Français qui voulaient remercier Dieu pour avoir protégé leur roi.

Transcription:

Cet accident fut reçu différemment dans Paris. S’il réveilla la crainte & l’espérance des restes de la Ligue , qui demeuraient cachez dans cette capitale; d’un autre côté les serviteurs du Roi étaient au désespoir, qu’on eût souffert dans le Royaume des Jésuites, dont la maison avait produit cet assassin ; & que dans le procès que l’Université venait de leur intenter , où il s’agissait d’un danger visible qui menaçait l’Etat & le Roi , comme dès-lors tous les gens de bien le prévoyaient , on y eût eu si peu d’égard , que par une politique mal entendue, & par un scrupule hors de saison , on eût sursis une affaire dont le jugement aurait coupé la racine aux divisions de l’Université ; & mis en sûreté la vie du Roi. Aussi la nouvelle du parricide, & de la santé de ce Prince, s’étant répandue presqu’en même temps dans toute la ville, on courut à l’envi dans toutes les Eglises faire chanter le Te Deum en action de grâces ; & la populace se rendant en foule au Collège des Jésuites de la rue S, Jacques avec des murmures menaçans, elle aurait fait main basse sur tous ces Pères, si le Roi & le Parlement n’avoient envoyé main forte. On mit des gardes à toutes les portes, & Louis Masurier conseiller au Parlement, dressa un inventaire exact de toutes les lettres & de tous les papiers qu’on trouva dans la maison.

Cependant au bruit de cet accident, les Présidens du Parlement & les gens du Roi se rendirent chez le premier Président qui avait la goûte, afin d’interroger le coupable, qui était encore alors au Fort-l’évêque. Jacques- Auguste de Thou se trouva à cette assemblée, ils l’envoyèrent sur le champ au Roi, qui était au lit , pour le prier d’ordonner que le prisonnier fût transféré à la conciergerie. Ce Prince balança d’abord sur la réponse qu’il devoit faire : ensuite il renvoya M. de Thou au Chancelier de Chiverrty ; & suivant son avis, on amena Châtel le lendemain de grand matin devant les Présidens & les gens du Roi, en présence desquels il avoua tout ce qu’il avait déjà dit, lors que le grand Prévôt l’avait interrogé. Enfin la Cour ayant examiné les preuves sur lesquelles son procès fut instruit, lui fit prêter un nouvel interrogatoire, après quoi les avis se trouvèrent partagez. Ce n’est pas que personne fut en doute de la peine que méritait l’assassin; mais il se trouva des gens qui voulaient qu’on jugeât en même temps l’affaire des Jésuites, puisqu’il y avait lieu de croire que la surséance que ces Pères avoient malheureusement obtenue à force d’intrigues, avait donné occasion à ce parricide exécrable. Tel fut l’avis d’Etienne de Fleury doyen des Conseillers, l’homme du monde le plus éloigné des conseils turbulens. « Qu’attendons-nous davantage, disait-il ? quelles autres preuves voulons-nous contre cette secte empoisonnée ? leurs accusateurs avoient – ils tort lorsqu’ils criaient, que le salut du Roi & celui du Royaume étaient liés avec les intérêts de l’Université ? A quoi a servi cette surséance obtenue par tant d’intrigues, sinon à leur fournir les moyens de précipiter l’exécution d’un crime qu’ils méditaient depuis long-temps ? Que les Princes sont malheureux ! On ne peut croire que leur vie soit en péril, que lors qu’on les voit assassinés. Rendons enfin grâces à Dieu de ce qu’il est venu au secours des magistrats bien intentionnés, mais trop crédules, en les convainquant que le crime était résolu, en même temps qu’il en a empêché l’exécution ; & de ce qu’il a couvert de confusion les mal-intentionnés pour le Roi, & ceux qui ne veulent jamais rien croire, afin qu’à l’avenir ils ne soient plus si opiniâtres à soutenir des sentiments contraires à la sûreté publique. »

Analyse:

Ce texte est à propos de Jean Châtel, qui a été éduqué par les Jésuites. Les servants du roi ont était désespérés à cause de ce que Châtel a fait.  En plus, la France en général était très inquiète de ce qui s’était passé. Le roi et le parlement devaient décider ce qu’il fallait faire avec Jean Châtel. Ils ont décidé de punir les Jésuites à cause de ce que Jean Châtel a fait, mais il était sûr qu’ils voulaient surtout punir Châtel.

English version

Introduction

Jacques-Auguste de Thou was a member of the parliament in Paris, and he was also a historian. De Thou had close ties with both Henry III and Henry of Navarre. Most of his books were about the first War of Religion and were pretty unbiased. Nicholas Rigault also helped with de Thou’s book. The passage from the book that we chose is primarily about the attack on the king by Jean Châtel. Furthermore, the passage explains how the parliament reacted to the attack on the king, as well as how they decided to punish Châtel. De Thou also talks about the relations between the Jesuits and Châtel.

A Te Deum is a religious song that people sing to give thanks to God. In the text, a Te Deum is sung by the French citizens who wanted to give thanks to God for protecting their king.

Traduction:

This accident was received differently in Paris. If it awoke the fear and the hope of the remains of the League, who remained hidden in that capital; on the other hand, the king’s servants were in despair, that one might allow Jesuits in the kingdom, whose house had produced this murderer; and that in the trial which the University had just instituted, it was a visible danger which threatened the State and the King, and, as a result, all the good men had predicted it, one had given it so little consideration, that by an ill-conceived policy, and by scrupulousness out of season, they had suspended the hearing that the judgment of which would have severed the roots of the divisions of the University; and secured the life of the King. The news of the parricide, and of the health of this prince, having spread almost at the same time throughout the whole city, they rushed in all the churches to sing Te Deum to give thanks; And the populace going in a crowd to the Jesuit College in the Rue S. Jacques, with threatening murmurs, would have killed all the fathers, if the King and the Parliament had not sent a armed men. Guards were placed at all the doors, and M. Morreier, the councilor of Parliament, made an exact inventory of all the letters and papers found in the house.

At the news of this accident, however, the presidents of the Parliament and the King’s people went back to the first President, who had gout, in order to question the guilty party, who was then at the Fort. Jacques-Auguste de Thou found himself at this gathering, and they sent him to the King’s room, who was in bed, and begged him to order the prisoner to be transferred to the concierge. This prince at first considered the reply which he should make; then he sent M. de Thou back to the Chancellor of Chiverny; and, following to his advice, Chastel was brought before the presidents and the King’s people, in the presence of which he admitted all that he had already said, when the Grand Provost had interrogated him. At last, the Court having examined the proof upon which its trial was held, had another interrogation, after which the opinions were divided. It is not that no one doubted the punishment which the assassin deserved; but there were people who wanted to judge at the same time the case of the Jesuits, and since there was reason to believe that the reprieve which these fathers had unfortunately obtained by scheming, had given occasion to this execrable parricide. This was the opinion of Etienne de Fleury, Dean of the Councilors, the man of the world the most distant from the turbulent councils.

“What more are we waiting for?” he said. “What other proof do we want to have against this poisoned sect? Were their accusers wrong when they cried, that the safety of the King and those who the King was connected with the interests of the University? What is the effect of this delay obtained by so many schemes, if not to furnish the Jesuits with the means of precipitating the execution of a crime that they had been planning for a long time?”

“Let the princes be unhappy! One will not believe that their lives are in peril, until they are assassinated. Let us at last give thanks to God that he came to the aid of the well-intentioned but too credulous magistrates, convincing them that the crime was decided upon at the same time as he prevented the execution of it; and that he has caused confusion in those who have ill intentions for the King, and those who never want to believe anything, so that they may no longer be so obstinate in supporting sentiments, contrary to public safety.”

Analysis

This texte is primarily about the discovery of how Jean Châtel was educated by the Jesuits. The servants to the king were panicking after what Châtel had done. The people of France in general were very worried about the safety of their king. The king and the parliament then had to decide what to do with Châtel. They decided that they would punish the Jesuits for influencing Châtel, but they agreed above all that Châtel himself must be punished.

Information Bibliographique:

Thou, Jacques-Auguste. Histoire universelle depuis 1543 jusqu’en 1607. Tome XII. London: np, 1734.