Pierre Matthieu: La victoire d’Henri IV, Histoire des derniers troubles

Histoire des derniers troubles

Auteur: Pierre Matthieu

Pages 99-100

English version

Introduction:

Cet extrait est une partie d’un oeuvre de Pierre Matthieu qui s’appelle Histoire des derniers troubles de France. Matthieu (1563-1621) était un écrivain, un poète, et un historien qui écrit plusieurs des livres, des poèmes, et des tragiques. Il a fait ses études chez les Jésuites où il a étudié les langues. Après ses études, il a reçu son doctorat et il est devenu avocat. Bien qu’il soit attaché aux Guises et à la Ligue catholique, il a choisi de rendre visite à Henri IV en février 1594 pour donner son soutien au roi. Après cette réunion, Matthieu a déménagé à Paris pour devenir l’historien à la famille royale avec un rapport personnel avec le roi. Dans ses oeuvres,  il veut explorer les problèmes de la France pendant les guerres de religion mais, plut tôt dans sa carrière, il a aussi écrit une tragédie dont le héros était Henri I, duc de Guise, à cause de l’allégeance de Matthieu aux Guises.

L’extrait que nous discutons décrit Henri IV et son royaume. Le passage ressemble à la propagande dans le sens que Matthieu veut dire qu’Henri IV est un très bon roi qui a rétabli la paix et le bonheur en France mais aussi en toute l’Europe. L’auteur souligne qu’Henri IV était un bon roi qui a unifié la France et son peuple.

Transcription:

Quels ont souffert une extrème nécessité et misère, et les autres sont morts de faim. Par l’immense et incroyable grandeur, et par un si grand nombre de leurs crimes et offenses, l’on voit clairement combien est grande la clémence du Roi Henry quatrième envers eux, qui leur a plutôt pardonné et à plutôt embrassé tous les citoyens qu’il n’en a été prié et requis. Il a renvoyé sans perte et sans danger les Espagnols, les Italiens, Walons et Lansquenets qui se trouvèrent à l’heure de son entrée : de sorte qu’il leur serait maintenant bien malaise à dire, s’ils ont plus redouté sa vertu en bataille rangée, ou étant ainsi vaincus, s’ils doivent plus aimer et louer sa douceur. Et ayant été quelques uns chassez de la ville, mais fort peu, encore hommes très séditieux, hommes sous un mal, heureux à la ruine de la ville, et de toute la France, il a rendu la tranquillité à tous les autres, ramené la gaieté, à de long temps bannie, a établis la sureté d’un chacun, et a restitué à la Cité qui était sans roi, sans magistrats, sans évêques, sans les ordres : son roi, son magistrats, son évêque et tous les ordres. Et bien que la gloire de cette clémence soit si grande, elle n’est toutefois semblable à ses autres royales, et belliqueuse louanges, qui se peuvent amoindrir de paroles et aucunement départir avec plusieurs, de sorte qu’elles ne sont totalement siennes. Et à dire vrai pour mener cette guerre et recouvrer son royaume, il a eu un grand support d’une bonne multitude de cardinaux, évêques, abbé, magistrats hommes de robe longue, en tous états, qui ont suivi apertement, ou en cachette son parti, et en toutes les occasions qu’ils ont peu se sont trouvez prêts et appareillez à son service : Et puis la Noblesse Françoise, qu’on ne pourras jamais assez exalter de louanges, pour n’avoir jamais abandonné son Roi après avoir soufferts tant de travaux, traversé tant de mauvais passages, se rencontrant en tant de pertes de la vie et de tous biens, s’en doit attribuer une bonne part, et presque estimer sienne la prospérité de tout le succès : le secours aussi des confédérés de sa majesté, les Suisses, les Allemands y ont aussi bien aidé : mais quand à la gloire qui lui revient de cette clémence, il n’a compagnon aucun : tout lui appartient : ni les courageux secours de ses Princes, de sa Noblesse, de ses confédérés, ni les conseils des robes longues, pas un des ses colonels, pas un de ses Capitaines, pas une de ses bandes et troupes ne lui en offre rien. Et qui est bien plus la fortune, qui est ainsi que veulent les poètes, la maitresse des affaires des hommes, n’oserait prendre avec lui aucune parcelle de cet honneur : elle lui quitte, elle confesse qu’elle est à sa majesté seule.

English version

Introduction:

This excerpt is from a work by Pierre Matthieu called “Histoire des derniers troubles de France”. Matthieu (1563-1621) was a writer, a poet, and a historian who wrote many books, poems, and tragedies. He completed his studies under the Jesuits where he studied languages. After this he received his doctorate and became a lawyer. Even though he was tied to the Guises and the Catholic League, he chose to visit with Henri IV in February 1594 to give the king his support. After this meeting, Matthieu moved to Paris to become the historian for the royal family with special access to the king. In his works, he wanted to explore the problems in France during the Wars of Religion, but earlier in his career he also wrote a tragedy whose the hero was Henri I, Duke of Guise because of his allegiance to the Guise family.

The extract that we discuss here describes Henri IV and his kingdom. It resembles propaganda in the sense the Matthieu wanted to say that Henri IV was a very a good king who reestablished the country and happiness to France but also throughout Europe. He wanted to say that Henri IV was a good king who unified France and her people.

Translation:

That they suffered a tremendous necessity and misery and the others died of hunger. By an enormous and incredible amount, and a large number of their crimes and offenses, we can see clearly how many of them were pardoned by Henry IV and embraced by him. Henry IV safely sent away all of the Spanish, Italian, Belgian, and Germans who were there when Henry entered; in such a way that it would be very difficult for them, if they feared his virtue in battle or being defeated that way, that they must now like and praise his kindness. And having chased some from the city, but only a few, and very seditious men, under an evil influence and happy to see a ruined city and a ruined France, he returned tranquility to all others, happiness was returned which had long been banished, security was returned to each individual, and he restored a king, magistrates, bishops, and order to the Cité that had been without a King, Magistrates, bishops, and all orders. And although the glory of that clemency was so grand, that glory was not similar to other royal and warlike praises, which can be reduced with words and shared in a sense with others, so that they aren’t only his. And to speak truly, to lead this war and to regain his realm, he got a lot of support from cardinals, magistrates, and many others, of all statuses, who followed his cause openly or in secret, and who were all there to serve him and help him. And then the French nobles, who can’t be praised enough for never abandoning their king after having suffered all the hard labors, having gone through so many hardships, meeting together so many dangers and losses of life and possessions, must be granted a good share, and almost count all of the prosperity of all the success as their own: the aid also of the confederates of his majesty, the Swiss, Germans, all helped a lot there, but as for the glory that comes back to him from that clemency, he has no companion: it all belongs to him;  neither the courageous help of his princes, of the nobility, of his associates, neither the advice from the long robed men, neither the advice from the colonels or captains, and not one from his troops offered him anything. And what is even more, luck, who is, as the poets would have it, the mistress of human affairs, would not dare take any part of this honor from him; she leaves it to him, she confesses that it belongs only to him.

Informations bibliographiques:

Matthieu, Pierre. Histoire des derniers troubles de France. 1606.

Pierre Matthieu: Sa biographie. 2017, 2017, April 29, http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/matthieu-pierre